Propos sur la titularisation
Communication faite lors de l'A.G. de la S.F.G. du 18 mars 2005,rapportant des réflexions et propositions de l'Instance de Titularisation
Sans aborder le sujet de demain, nous ne pouvons que constater qu'il n'existe plus dans notre société civile de rite de passage, ni de rite d'intronisation communautaire. Le rituel organise le cadre et le cadre sert de contenant. L'acte de titularisation trouve sa place dans cet espace. Tout philosophe existentiel, tout gestalt-thérapeuthe se réfère à la relation Bubérienne du je-tu. Reconnaissance de deux personnes, même si elle doit être mutuelle comme l'atteste Ricoeur, ne suffit pas. Le je-tu doit s'inscrire dans un champ plus vaste qui est le Nous.
Même et surtout, si un individu ne s'autorise que de lui –même, comme le dit Lacan, c'est encore du "tout-à-l'égo" comme le nomme Régis Debray. Se présenter à la titularisation est un acte d'engagement empreint d'une certaine noblesse. Il doit rester un acte de la joie comme le penserait Misrahi.
Pour aborder ce rite de passage d'associé à titularisé, la Personne qui prend la responsabilité de cet acte doit pouvoir se l'expliquer à elle-même et se doit de rapporter des éléments de sa réflexion à l'instance de titularisation par l'intermédiaire de trois personnes qu'elle aura à rencontrer. Ici est la question du sens. Pour ce faire, elle envoie un dossier complet au coordinateur de l'instance de titularisation. Cette instance est composée de six membres, qui eux-mêmes ont fait cette démarche et sont élus par leurs pairs. Le vote est à bulletin secret et l'impétrant doit obtenir la majorité absolue. Impétrant certes, car le demandeur n'est là que de par sa volonté. Son initiative génère en quelque sorte un phénomène d'initiation. Il peut être angoissant, ce qui tend à prouver la richesse de ce rite de passage :
Passer du je-tu, comme reconnaissance du père, toujours au singulier,
à passer au je-nous comme reconnaissance des pairs, toujours au pluriel.
Sans oublier que le nous doit poursuivre sa démarche pour une reconnaissance par les ils ou elles, c'est à dire par les instances gouvernementales.
Dans cet esprit, je proposerai que le nouveau titularisé reçoive, sans attendre, une autorisation de s'inscrire comme titularisé sur la liste des membres Titulaires de l'association et de se prétendre en toute autorité membre Titulaire de la S.F.G. Puis de venir se présenter comme tel à l'assemblée générale suivante et faire part de son engagement au profit de notre association. Alors le président de la S.F.G. et le coordinateur de l'instance de titularisation lui remettraient officiellement une attestation signée de leurs mains, sous les applaudissements fournis et chaleureux de l'assemblée, ceci clôturant ce rituel de passage.