Statut du psychothérapeute – Position de la SFG
Depuis le vote nocturne du 8 octobre 2003 en catimini à l'Assemblée Nationale, de l'amendement dit "Accoyer", nous avons été partie prenante du mouvement de défense de la psychothérapie qu'il a suscité. Nous avons manifesté, en lien avec l’Affop et la FF2P, notre place et notre légitimité en tant que psychothérapeute au sein de la société française.
Nous avons été attentifs tout autant aux propositions qui pouvaient sembler acceptables qu'à celles qui paraissaient remettre en cause notre exercice professionnel, notre posture de Gestalt-thérapeute, nous empêchant d'exercer librement notre métier, questionnant notre place dans le champ social auquel nous appartenons.
Avec cet état d'esprit, la SFG a continué de suivre l'évolution des propositions de décrets d'application de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 réglementant l'utilisation du titre de "psychothérapeute". Actuellement, la concertation avec les parties représentantes de toute la profession est terminée. Les deux organismes Affop et FF2P qui nous y représentaient, y ont développé des positions intéressantes que vous pouvez retrouver sur leurs sites internet.
La version du décret présentée aux psys le 7 avril 06 par le ministre avait été jugée la plus favorable ou la moins défavorable selon les points de vue. Le ministère de la santé semblait ouvrir une porte à la reconnaissance d'une place pour les psychothérapeutes en leur permettant d'accéder au registre, en tenant compte de nos formations et de nos acquis ainsi que de la possibilité pour les jeunes psychothérapeutes de valider la formation de psychopathologie jusqu'en 2010. Ce revirement par rapport aux propositions antérieures, déplut fortement aux médecins, psychiatres et psychologues qui se mirent à exercer de fortes pressions sur le ministère.
Lors de la réunion du 15 juin 06 entre les psys et le ministère, de nombreux indices laissent à penser que la proposition finale se rapprochera du projet de décret initiale (10 janvier 06) dans un nouveau volte-face par rapport aux propositions d'avril. Le dossier technique serait bouclé, l'arbitrage entre les diverses options envisagées au cours de la concertation est maintenant du ressort de la décision politique et du Conseil d'État.
Quelle sera la décision au final ? Personne ne le sait.
Alors que l'amendement Accoyer avait été présenté comme ayant l'objectif de protéger les usagers, il va avoir en final l'effet inverse. Dans tous les cas, quelle que soit à priori la version finale, le décret ne règlera pas la question de fond et amènera plus de confusion pour le public étant donné que le droit à utiliser le titre de psychothérapeute sera donné à des professionnels ayant des formations totalement différentes (parfois sans aucun point commun) et sans en exiger les points fondamentaux permettant de garantir une compétence professionnelle, comme pour nos Gestalt-thérapeutes certifiés.
En effet, la SFG, consciente de la nécessité de protéger les usagers, a mis en place depuis 1981, une procédure de Titularisation attestant de la compétence professionnelle de ses membres en toute indépendance des Écoles/Instituts de Formation, avec des critères reconnus par l'ensemble de la profession.
C'est en ce sens qu'avec le Collège Européen de Gestalt-Thérapie nous avons réagi auprès du Ministère de la Santé.