Réponse au Nouvel Observateur
Dans l'intention d'insister sur le sérieux et l'engagement du Gestalt-thérapeute, nous avons répondu à un article paru dans le numéro 2115 du Nouvel Observateur présentant la Gestalt-thérapie dans le dossier "Choisir son psy".
"Dire de la gestalt que c’est une approche qui se veut avant tout expérimentale, ludique et que les thérapeutes en Gestalt… sont chaleureux et attentionnés nous semble très stigmatisant et réducteur.
Il nous semble important de rappeler que la gestalt-thérapie s’appuie sur des fondements théoriques qui font référence tels que l’existentialisme, la phénoménologie et aussi à l’origine la psychanalyse.
L’approche phénoménologique va donner la spécificité et la particularité de cette psychothérapie. Le Gestalt-thérapeute s’implique et participe avec son patient à mettre en évidence comment il se manifeste dans le monde et comment il mobilise des moyens pour mettre en lumière ses blocages, ses peurs, ses inhibitions et pour s’ouvrir à de nouveaux modes de contact plus satisfaisants. A cette occasion le Gestalt-thérapeute peut se servir de moyens tels que le théâtre, le clown, la création, l’art, le jeu etc. mais c’est bien en appui pour explorer et soutenir cette affaire dramatique qu’est exister.
Caractériser la Gestalt-thérapie par son aspect ludique peut être outrageant pour toutes ces personnes qui cherchent parfois pendant plusieurs années à se dire « je suis ». Dire que en général une année ou deux de thérapie par cette méthode suffit est séduisant, attractif, mais ce n’est pas notre expérience ! La complexité humaine nous laisse bien impuissant à prévoir la durée.
Mais cependant cette posture particulière faite d’une attention portée à la singularité du patient participe à une qualité de présence qui tend à offrir le soutien nécessaire pour supporter le temps.
Ce sont les ajustements créateurs du patient qui signeront sa liberté d’être ce qu’il est et en cela la Gestalt-thérapie, comme la psychanalyse (et tous les psychanalystes ne sont pas muets) est une thérapie subversive, car son objectif premier est de permettre à la personne d’advenir à ce qu’elle est et non pas de la conformer à ce qu’elle devrait être.
Il nous a été agréable de lire dans le courrier du lecteur (n° 2157 Agathe Hebert) que tous les usagers de la Gestalt-thérapie ne la reconnaissent pas telle que votre journaliste l'a décrite."
Le président : Jean-Paul Sauzède.
rédactrices : Marie Léon et Catherine Deshays